Le Grand Palais et l’expérience digitale autour de Niki de Saint Phalle

Le Grand Palais et l’expérience digitale autour de Niki de Saint Phalle

06/11/2014
IMG_0925
Le digital entre dans les musées.
La révolution technologique et la diversification des modes d’accès à l’information sur les différents devices/écrans ont créé un grand bouleversement dans notre rapport à l’art et à la culture.

 

 

 

 

Le digital ne se substitue pas à la visite réelle mais apporte un supplément d’âme en l’enrichissant, en créant de l’engagement auprès des visiteurs et en prolongeant l’expérience :

  • en amont : avec du teasing sur les réseaux sociaux, dans les médias
  • en aval : avec les e-book, les applications, et plus récemment avec les visites virtuelles interactives lors de la FIAC.

“À travers plus de 200 panoramas à 360°, les visiteurs pourront visualiser des œuvres en très haute définition, accéder à un plan interactif et partager sur les réseaux sociaux et par email leurs œuvres favorites. Cette visite virtuelle est également un moyen de communication et de marketing efficace pour les galeries exposantes qui peuvent présenter leurs œuvres et leur scénographie de façon dynamique et interactive à leurs collectionneurs.”1

Le Grand Palais développe de plus en plus d’expériences digitales pour ces visiteurs. Bientôt il “expérimentera une visite guidée pour les détenteurs de Google Glass (..)où les visiteurs auront accès à des contenus supplémentaires : vidéos, sons, décryptages des œuvres” .

 

         
 
Déjà l’exposition « Moi, Auguste Empereur » était entourée d’une “campagne social media qui prenait volontairement le contrepied: (…)Auguste, Marc-Antoine, Suétone et autres contemporains de l’Empereur reprennent vie sur Twitter et Facebook où ils se retweetent et se likent en latin mâtiné de smileys.”(…)” le concept descendait jusque dans les stations de métro parisiennes, mettant en avant le hashtag officiel de l’opération accompagné de fausses citations aux allures de statuts Facebook…. Les affiches print encourageaient aussi le public à télécharger l’application officielle de l’exposition « La Fabrique Romaine ». Là encore, l’app mobile exploite le filon des clichés comportementaux du digital en proposant de se « selfiser » pour se transformer au choix en carte postale, en statue ou en monnaie romaine frappée à sa propre effigie” .

Aussi, l’exposition de Niki de Saint Phalle, femme engagée, féministe et précurseur est par essence l’exposition sur laquelle une expérience digitale prend tout son sens : comme elle le disait elle-même « j’ai décidé d’être très tôt une héroine…. L’important était que ce fût difficile, grand, excitant » Devise qui pourrait s’appliquer aisément à la révolution digitale. L’expérience digitale autour de l’exposition se révèle très complète : 

  • Une communication digitale relayée par des affiches dans le métro parisien #nikidesaintphalle
  • Un film « Niki par Niki » composés d’interviews de l’artistes relayé sur les réseaux sociaux par teasing
  • Une application officielle

– Un audio-guide assez classique 
– Conforme à la charte graphique de l’exposition, mais avec un texte explicatif utilisant peu de codes de la lecture sur mobile, instructif mais non disruptif.
– Une activité ludique avec « Niki-iconothèque »proposant de customiser la photographie de votre choix ou un selfie avec les thèmes graphiques de l’artiste et de la tweeter ou de la partager sur instagram et ainsi d’apparaître sur les écrans d’affichage du grand palais.              

– Une campagne #nikidesaintphalle incitant à géolocaliser à l’aide de photographies les œuvres de l’artistes.  

niki1      
 
niki2

 

  • Une appli Ipad avec un contenu additionnel – payant- avec un e-book

contenant des video, des interviews et des textes explicatifs, intéressant mais reprenant un peu trop le texte initial de la première appli. Certes il l’enrichit mais crée une lecture fastidieuse sans apporter des visuels 3D, des effets de perspectives qu’auraient mérité les œuvres démesurées de NSP.

C’est un très beau dispositif que met en place le Grand Palais autour de cette superbe et foisonnante exposition.
J’aurais peut-être aimé retrouver un peu plus le caractère explosif de l’artiste dans les applications – à l’instar de la mise en scène de l’exposition- avec une activité plus disruptive et plus immersive – notamment avec des effets de profondeur, de scroll dynamique, de déconstruction du process de création de Niki de Saint Phalle.

 

[1] Comment le digital modifie en profondeur notre rapport à l’art 23/10/2014 Huffington Post France
[2] Le Grand Palais veut parler aux porteurs de Google Glass, reste à les trouver, 22/10/14 la revue du digital
[3] http://www.critiquefacile.fr/moi-auguste-empereur-rome-1-grand-palais/
[4] Nikki de saint phalle

Leave a Reply

Your email address will not be published.

+ 71 = 78